
uelle est la personnalité politique qui a bénéficié du plus fort impact médiatique en 2006 ?
Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy ? La réponse est sans appel. Le ministre de l'intérieur, président de l'UMP mais aussi candidat déclaré à l'élection présidentielle, devance largement son adversaire socialiste.
C'est le résultat d'une étude conjointe de TNS Media Intelligence et de Médiamétrie qui mesure l'unité de bruit médiatique (UBM), c'est-à-dire l'impact des acteurs du monde politique dans les médias.
" En 2006, la pression médiatique de Nicolas Sarkozy est de 38 % supérieure à celle de Ségolène Royal", affirme Bruno Lalande, directeur des Etudes de TNS Media Intelligence. Les courbes respectives des deux candidats, tracées au fil des semaines, montrent que Ségolène Royal n'a devancé le président de l'UMP que 10 semaines sur 52.
Il est vrai que sa médiatisation a été plus progressive et qu'elle a culminé lors des étapes-clés de sa nomination comme candidate du PS. A l'inverse, Nicolas Sarkozy, aidé par ses différentes fonctions, n'a jamais quitté le devant de la scène, que se soit lors de la polémique suscitée par le CPE au printemps, puis par l'affaire Clearstream, sans oublier sa déclaration de candidature officielle à la présidentielle.
OMNIPRÉSENCE
Cette omniprésence bouscule l'ordre établi jusqu'alors. " En 2005, dans le classement des hommes politiques que nous avions établi, le président arrivait en première position, suivi du premier ministre puis du ministre de l'intérieur. En 2006, Nicolas Sarkozy prend la tête et précède le premier ministre et le président de la République", précise M. Lalande.
En 2006, Ségolène Royal se classe donc en quatrième position, loin devant... François Hollande, qui ne recueille qu'un quart du bruit médiatique de la candidate. En 2005, il devançait largement Ségolène Royal, quasiment absente du classement. Quant à François Bayrou, le président de l'UDF, qui est monté au créneau pour dénoncer la bipolarisation des médias, il est crédité d'un bruit médiatique huit fois inférieur à celui de Nicolas Sarkozy. Pour établir ce classement, TNS Media Intelligence s'est associé pour la première fois à Médiamétrie.
Créée en 2000, l'unité de bruit médiatique mesure la présence d'un acteur dans les quotidiens, dans les journaux télévisés et dans les tranches d'information à la radio. Désormais, TNS croise ces données avec l'audience respective de chaque média mesurée par Médiamétrie. Une façon de connaître plus précisément le profil (âge, sexe, profession...) et le nombre de personnes exposées à ce "bruit" médiatique, qu'il soit positif ou négatif. Une méthode déjà utilisée par les publicitaires pour connaître l'impact d'une campagne et que TNS et Médiamétrie appliquent désormais à l'information.